L' artiste


A propos de ma démarche artistique

Après avoir expérimenté au cours des mes études aux Beaux-Arts différents moyens d’expression (graphisme, photographie et vidéo), je me suis investi dans mes moyens d’expression de prédilection, le dessin et la peinture, base de recherche pour ces créations en graphisme. A ces expériences, s’ajoute une pratique de la calligraphie arabe que j’ai appris des mains de mon frère Mohamed AMZIL, illustre calligraphe marocain.

Ma peinture est traversée par la lettre calligraphiée, qui y laisse juste une empreinte, le témoignage d’un passage, sans aucune signification textuelle ou contextuelle prédéfinie. Ce signe, cette présence vient s’ajouter aux autres présences sans chercher à dire quoi que ce soit, ni information ni message, mais au contraire représente une tentative de suspendre, au moins l’espace d’un instant, le flux tendu des informations.

La lettre devient pour moi matériau et artifice d’expression, par sa présence et la force qu’elle dégage une fois insérée/mélangée ou confrontée à la peinture, à la matière, à l’espace pictural.

Figé (W et A) - 40x60 cm - Acrylique sur carton - 2009
(Détail) T comme tension - 80x85 cm - Technique mixte sur carton bois - 2009

Un coup de couteau, un jet de peinture, et tout d’un coup une étincelle, un accident survient sur le support. Une rencontre furtive et durable à la fois, un instant T où peinture, calligraphie, formes et matières se croisent, se télescopent et produisent une tension « plastique », une sensation d’existence et de flottement simultané.

On a l’impression, l’espace d’un court instant, de tenir quelque chose entre les mains, de pouvoir contenir l’espace en face. Les formes et les couleurs commencent à se livrer. Un récit aux multiples interprétations se dessine. A force de va-et-vient entre les pleins et les dilués, les surfaces planes et les matières, la peinture reprend ses droits. Elle retrouve son mystère, retire les fils conducteurset nous laisse avec une sensation d’inachevé, une sorte de frustration délicieuse, où l’on effleure avec le bouts des doigts, de la rétine, de tout le corps, la possibilité de dévoiler la peinture, de la posséder, de la consommer.

Samir AMZIL - Artiste Peintre Plasticien - Lyon - Tous droits réservés, © 2010 Toute reproduction est interdite.